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| Auguste Rodin, Le Baiser, Musée Rodin, Paris |
Un silence règne ce samedi matin, je n'arrive pas de rassembler mes pensées, moi qui aime tellement écrire. Je cherche un sujet, une idée précise mais je n'arrive pas à la formuler. Je me dis alors, pourquoi ne pas écrire comme les surréalistes, cette fameuse écriture automatique pourrait marcher dans ce cas là. Eh bien, je pense à Saint Valentin en ce moment, tellement obsédant les derniers jours (nous somme le 12 fév.). Et quand hier, je me promenais au musée des Beaux-arts de Lyon, une oeuvre de la salle XIXème m'a arrêté net. Et j'oserais dire que c'est le moment sublime quand on est dans un musée. Il y a une telle provocation dans l'immobilité d'une oeuvre d'art qui par sa nature artificielle ne fait rien d'autre que d'être là, silencieux. Et on voit, on ne regarde plus, on ne parcourt plus, on voit. Moi, j'ai vu
Le baiser d'Auguste Rodin. J'ai jamais aimé vraiment la sculpture de Rodin, surtout à cause de ce non-fini de son travail, cette présence des matériaux que les académistes de son temps n'ont jamais laissé apparaître. Il y a une certaine brutalité dans l'oeuvre de Rodin, un caractère trop fougueux. Bon, cette sculpture était différente. Il y avait une telle spontanéité des gestes, des postures, des attitudes que l'on se dit "moi aussi j'ai été embrassé de la même façon". Il existe dans cette oeuvre, au moins pour moi, une beauté tellement naturelle, spontanée. Il faut noter que l'original se trouve au musée Rodin à Paris, l'exemplaire de Lyon est si je me souviens bien du plâtre, mais peu importe maintenant. Il arrive aussi que la sculpture a un sujet plus précis que le baiser. Elle représente Paolo et Francesca, deux amoureux italiens de Moyen Age, qui peut-être ont réellement existé. Pas étonnant, parce que leur histoire est bien simple : Francesca, mariée à un seigneur italien, est confiée par celui-ci à son frère Paolo. Lisant des romans courtois (très populaires à l'époque), Paolo et Francesca s'éprennent l'un de l'autre. Le baiser illustre le moment de la prise de conscience de leurs sentiments auxquels les amoureux cèdent sans remords. Vus par le mari, Paolo et Francesca sont poignardés et tués. A leurs ombres au deuxième cercle de l'Enfer, Dante dit : "Amour nous a conduit à une mort unique." A l'approche de saint Valentin, ne pensez plus aux cadeaux, arrêtez-vous un instant et regardez l'oeuvre de Rodin. Et vos amours comment sont-elles?